Claude Seignolle est né le 25 juin 1917 à Périgueux en Dordogne.

Renvoyé du lycée Lakanal de Bourg-la-Reine à l’âge de 14 ans, rebelle au travail de l’entreprise familiale de textiles, passionné d’archéologie, il est reçu à la Société préhistorique de France. L’ethnographe Arnold Van Gennep incite ensuite le tout jeune homme à se pencher sur l’archéologie de ces « pierres vives » que sont les paysans à la mémoire pleine encore d’une longue tradition orale promise à l’oubli si elle n’est pas immédiatement recueillie.

C’est ainsi que, tous jeunes, lui et son frère Jacques sillonnent en vélo dans les années 35 et 36 le grand sud de la Région parisienne. Ils font une ample enquête qui aboutit à un travail ethnographique majeur publié en 1937 (Le Folklore du Hurepoix) sous l’égide d’Arnold Van Gennep et réédité – revu et augmenté par Claude Seignolle – par les Editions Hesse.

Cette enquête est la première d’une série que Claude Seignolle fera ensuite dans d’autres régions de France : la Sologne (où Claude Seignolle résida à la fin de la guerre à Presly, dans le Cher), le Languedoc, la Provence, le Berry.  Les Editions Maisonneuve et Larose ont  publié En Sologne en 1945 (réédité en 1999 sous le titre Traditions paysannes de Sologne – Editions Hesse) et  Le Berry traditionnel en 1969 (réédité en 2002 sous le titre Le Berry des traditions et superstitions - Editions Hesse).

Claude Seignolle apparaît comme un collecteur et un passeur de mémoire du savoir populaire encore vivace il y a encore un demi-siècle. Aujourd’hui, à l’aube du troisième millénaire, ces croyances et ces rituels ne sont plus que le reflet d’une époque maintenant révolue. Claude Seignolle peut être considéré, à juste titre, comme le dernier porte-parole et l’un des ultimes témoins d’un monde qui est mort : la paysannerie.

Le Berry des traditions et superstitions et Traditions paysannes de Sologne ne sont pas seulement des documents ethnographiques. Ils sont aussi les deux ouvrages clefs, « les sources rustiques et inspirantes », d’une saga qui a fait maintenant le tour du monde. C’est en effet dans ces deux régions du centre de la France que Claude Seignolle a situé sa grande fresque romancée (Marie la louve, Le Diable en sabots, La Malvenue, Le Rond des sorciers, ainsi que de très nombreuses nouvelles) qui évoque un monde rural livré à ces croyances primitives et ces peurs ancestrales qui habitent secrètement la mémoire collective.

Le loup, qui fait partie de ces peurs ancestrales, a fait l’objet d’une anthologie, Le Conteur de loups, aux Editions Hesse, regroupant des nouvelles fantastiques et des récits collectés par l’auteur dans diverses campagnes françaises

L’œuvre de Claude Seignolle a été saluée très tôt par Lawrence Durrell (préfacier de Marie la Louve), Blaise Cendrars, Pierre Mac Orlan, Jean Ray.